HISTOIRE DE L’ARMAGNAC

UNE HISTOIRE MILLÉNAIRE

L’origine du nom

Contrairement au Cognac qui tire son nom d’une ville, l’Armagnac tire son nom d’une famille ayant régnée sur une ancienne province Gascogne. Au VI ème siècle un ancien soldat franc de l’époque de Clovis fut nommé seigneur d’un fief gascon. Son nom francique Herreman serait devenu « Armagnac » en gascon. Cette province comprise principalement sur le territoire actuel du Gers, avait pour capitale historique Eauze.

Blason des comtes d’Armagnac

Aujourd’hui cette province est mondialement connue pour sa production d’eau de vie.

Du vin à l’eau-de-vie

Il est difficile de dater les débuts de la viticulture en Armagnac mais des représentations de vignes se trouvent sur les mosaïques de la villa gallo-romaine de Séviac datant du Bas-Empire romain. Ceux sont les romains qui apportent la vigne en Gascogne. Cependant, ce n’est que le début d’un processus qui prendra des siècles pour arriver à la production de la précieuse eau-de-vie que l’on connait aujourd’hui. Au VIIIe siècle, la conquête musulmane apporte avec elle l’alambic, alors utilisé dans la médecine arabe. C’est justement dans ce même but que les premiers distillateurs de France vont l’utiliser puisque c’est dans une faculté de médecine de Montpellier que l’on trouve des preuves de distillation à but thérapeutique. 

 

Mosaïque provenant de la villa de Séviac.

C’est au XIVe siècle on trouve la première trace écrite de la présence d’une eau-de-vie médicinale située à Éauze dans la province de l’Armagnac (actuelle Gascogne). Vital du Four écrit en 1310 un traité de médecine qui vente les vertus thérapeutiques d’un breuvage utilisé dans ses prieurés.

Perfectionnement des techniques

Finalement, en 1461 la vente de cette eau de vie est attestée dans un document officiel du marché de Saint-Sever situé dans le département des Landes actuel. Au VXIIe siècle l’eau-de-vie de Gascogne change de statut pour devenir un produit de consommation courante. Profitant des inventions de l’époque sur la viticulture et l’alambic, la vigne et la distillation s’intensifient et deviennent de meilleure qualité. C’est au XIXe siècle que le vieillissement de l’armagnac en fût de chêne se normalise. Le Cognac qui jouit à cette époque d’une meilleure considération est frappé de plein fouet par le phylloxéra, un puceron surnommé ravageur de vignes. Ainsi, l’Armagnac profite pendant quelques années de cette hégémonie avant de subir à son tour l’expansion de la maladie. La viticulture est alors ravagée en cette fin de siècle.

En 1909, un décret délimite la production d’Armagnac à trois régions. L’appellation devient contrôlée en 1936. Aujourd’hui, l’essentiel du vignoble dédié à la production d’eau-d’armagnac se situe dans le Haut-Armagnac, le Bas-Armagnac et la Ténarèze.

UN TERROIR D’EXCEPTION

Un éventail de sols

On a pu le voir, la production d’Armagnac est exclusivement réglementée à trois régions. Ces différences de sols participent à la multiplicité des saveurs de l’eau-de-vie produite. Le Bas-Armagnac (comme notre Château de Bordeneuve) représente la plus grande partie du vignoble dédié, avec 67% de la surface. Il possède des sols argilo-siliceux à cause des dépôts marins du Miocène Moyen et la présence de l’océan Atlantique sur le Bassin Aquitain il y a 15 millions d’années. Ses eaux de vie sont plus fruitées. Le Ténarèze renommé en 1994, armagnac-ténarèze représente 32% du vignoble. Cependant, le Haut-Armagnac qui possède pourtant la plus grande superficie détient paradoxalement le plus petit vignoble, soit 1%. Le Ténarèze qui possède pratiquement la même caractéristique sur ses sols, produit des eaux-de-vie souvent plus forts et plus corsés.

Ce territoire englobe la quasi-totalité du département du Gers, une partie du département des Landes et une partie du Lot-et-Garonne. Une région calquée sur la province moyenâgeuse sur laquelle régnait la famille du même nom.

Différence de cépage

Au même titre que les régions, le type de cépage utilisé pour l’Armagnac est également réglementé. Seulement dix sont autorisés pour obtenir l’appellation (AOC) et ceux-ci influent directement sur l’eau-de-vie produite. La Folle Blanche est le cépage historiquement utilisé dès le Moyen-Âge. Malgré sa destruction des vignobles armagnacais par le phylloxéra à la fin du XIX ème siècle et même s’il est aujourd’hui minoritaire, ses eaux-de-vie restent très subtiles en bouche. Mais c’est surtout l’Ugni-blanc qui est utilisé à 55% (comme notre Baron de Sigognac) grâce à sa qualité d’adaptation. Son eau-de-vie reste de grandes qualités gustatives. Enfin, le Baco qui a été inventé et fabriqué à la suite du phylloxéra a su s’imposer comme un cépage à part entière dans le paysage viticole notamment grâce à sa robustesse face aux maladies.